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RDC : À l’Est du Pays,l’Hôpital de Panzi déploie son plan de riposte contre la 17ème épidémie d’Ebola malgré des défis logistiques majeurs

Face à la résurgence alarmante du virus Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’Hôpital de Panzi passe à l’action. Lors d’une conférence de presse stratégique tenue ce mardi 19 mai, la célèbre structure médicale du Prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege, a dévoilé son plan de contingence pour faire face à la crise, tout en pointant du doigt les lourds obstacles techniques qui freinent la riposte.

Fort de son expérience face aux précédentes vagues épidémiologiques en RDC et de son implication majeure dans la gestion de la COVID-19, l’Hôpital de Panzi s’est structuré méthodiquement au fil des années pour affronter les urgences sanitaires de grande ampleur. Aujourd’hui, l’établissement se dit prêt à accueillir et orienter la population.

Le Dr Joyeux Bwami, médecin épidémiologiste à l’Hôpital de Panzi et membre de l’équipe d’experts en première ligne, a tenu à rassurer sur le dispositif mis en place :

« Aujourd’hui, notre hôpital dispose du matériel et des ressources nécessaires pour assurer une prise en charge à un certain niveau. Nous sommes capables de procéder à des isolements transitoires. »

L’institution dispose des compétences requises pour offrir un cadre d’isolement transitoire digne, garantissant des soins efficaces aux cas suspects, avant leur acheminement vers les centres de traitement officiels choisis par les autorités nationales de la santé.

Malgré la présence d’un personnel hautement qualifié, l’Hôpital de Panzi bute sur une contrainte de taille : l’impossibilité d’effectuer des analyses biologiques locales et immédiates sur le virus.

Bien que l’hôpital possède l’infrastructure de base, la manipulation de pathogènes aussi virulents exige des protocoles de sécurité très spécifiques.

Dr Aline BYABENE, infectiologue à l’Hôpital de Panzi, explique cette situation complexe :

« Cela nécessite des laboratoires véritablement expérimentés pour manipuler ce type d’échantillons. Actuellement, au sein de notre hôpital, nous disposons de la machine, mais notre laboratoire n’est pas habilité à effectuer ce type de diagnostic. »

À cela s’ajoute une centralisation stricte imposée par la politique sanitaire nationale, qui exige que tous les prélèvements soient analysés exclusivement par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) à Kinshasa.

Dans un contexte régional étouffé par la guerre dans l’Est et paralysé par la fermeture des aéroports stratégiques de Goma et de Bukavu, acheminer ces prélèvements relève de l’exploit logistique. Les échantillons doivent ainsi suivre un « détour atypique » pour atteindre la capitale, créant d’importants retards dans la publication des résultats et compliquant l’efficacité de la riposte en temps réel.

Pendant ce temps, la menace s’intensifie. Le dernier bulletin épidémiologique dresse un bilan lourd à l’échelle nationale: on dénombre déjà entre 436  cas suspects, ayant entraîné entre 118 décès.

« La province du Sud-Kivu se trouve désormais sous haute surveillance, bientôt les mesures barrières seront définies et tenues avec rigueur  » a déclaré la Dr Parvine BASIMANE

Appel à la vigilance collective

Face au danger, les professionnels de la santé de Panzi insistent : la discipline collective est la clé pour briser la chaîne de transmission. Ils appellent solennellement la communauté au strict respect des gestes barrières et à la détection précoce.

Le Dr Joyeux Bwami rappelle l’importance cruciale de ne pas attendre que les symptômes s’aggravent :

« Dès qu’une personne présente des maux de tête ou des fatigues généralisées, elle peut consulter ; c’est à ce moment-là qu’on a le plus de chances de la sauver… Plus tôt vous consultez, plus grandes sont les chances d’être sauvé. »

 

Panzifm.info

Gédéon DUCOA +243997879416

 

 

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