RDC: Vers un changement constitutionnel, le Président Félix Tshisekedi ouvre la porte au troisième mandat

KINSHASA, Le paysage politique congolais est en pleine ébullition. Le 6 mai 2026, le président Félix Tshisekedi a franchi une étape décisive en évoquant officiellement la possibilité d’un référendum constitutionnel. Cette annonce, qui pourrait modifier les règles du jeu électoral, soulève des questions majeures sur l’avenir démocratique du pays.
Au pouvoir depuis 2019 et actuellement dans son deuxième mandat, Félix Tshisekedi devait, selon la Constitution actuelle, quitter ses fonctions en 2028. Cependant, l’ouverture d’un débat sur un référendum constitutionnel change la donne. Deux points essentiels ressortent de cette communication :
-Le troisième mandat : La levée du verrou constitutionnel limitant le nombre de mandats présidentiels à deux,
-Le report des élections : Une éventuelle prolongation du mandat actuel au-delà de 2028, justifiée par la persistance de l’insécurité et du conflit armé dans l’est de la RDC.
Pour les partisans du chef de l’État, la situation sécuritaire critique dans l’Est demeure la priorité absolue. L’argument avancé est celui de la stabilité nationale: organiser un scrutin complexe alors qu’une partie du territoire échappe au contrôle de l’État ou subit des violences récurrentes constituerait un défi logistique et sécuritaire majeur.
Sans surprise, cette annonce a provoqué une levée de boucliers au sein de la classe politique. Plusieurs partis d’opposition ont immédiatement dénoncé ce qu’ils qualifient de « paradoxes » et de manœuvre pour se maintenir au pouvoir.
« On ne peut pas invoquer l’insécurité pour suspendre la démocratie, alors que la mission première du mandat était précisément de rétablir cette sécurité », fustige un cadre de l’opposition.
Les détracteurs du projet craignent un recul démocratique et rappellent que le respect des délais constitutionnels est le socle de l’alternance pacifique obtenue en 2018.
La RDC se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Les mois à venir seront déterminants pour observer :
1.La réaction de la société civile et des organisations religieuses, historiquement très influentes en RDC,
2.La position de la communauté internationale, qui suit de près la stabilité de la région des Grands Lacs,
3.Le calendrier du référendum, qui, s’il est confirmé, deviendra le nouveau centre de gravité du débat public congolais.
Alors que Félix Tshisekedi, âgé de 62 ans, entame cette réflexion sur l’avenir des institutions, la tension entre nécessité sécuritaire et impératif démocratique n’a jamais été aussi palpable.
Panzifm.info
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