
Ce jeudi 4 juin 2026, la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a ouvert à Kinshasa une audience publique hors normes. Sur le banc des prévenus figurent de très hauts responsables de l’appareil sécuritaire national, dont l’ancien chef d’état-major général des FARDC, le lieutenant-général Christian Tshiwewe, et le général d’armée en fuite John Numbi. Accusés de lourds chefs d’inculpation, parmi lesquels trahison et complot, leur sort est désormais entre les mains de la plus haute juridiction militaire du pays.
C’est dans l’enceinte du Nouveau Palais de Justice, situé dans la commune de la Gombe à Kinshasa, que s’est tenue cette première audience solennelle. Signé le 29 mai dernier par la greffière en chef, le colonel Jeanne Françoise Ngalula Mpiana, l’extrait de rôle prévoyait la comparution d’un groupe de dix prévenus, mêlant officiers généraux, officiers supérieurs et civils. Dès l’ouverture, l’événement a captivé l’opinion publique nationale et internationale, tant les profils des accusés incarnent les plus hautes sphères du pouvoir militaire de la dernière décennie.
Conformément aux usages judiciaires pour des dossiers d’une telle sensibilité, cette première journée a été consacrée à des formalités purement techniques. La Haute Cour militaire a procédé à la vérification minutieuse de l’identité des prévenus présents, avant de leur notifier formellement les griefs retenus à leur encontre.
À la barre, le lieutenant-général Christian Tshiwewe était bel et bien présent. Figure centrale de l’armée congolaise, il a occupé les fonctions stratégiques de chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’octobre 2022 jusqu’à son remplacement en janvier 2025. Précédemment placé en garde à vue au Conseil national de cyberdéfense, il avait ensuite été transféré à la prison militaire de Ndolo dans l’attente de son jugement.
Si Christian Tshiwewe a fait face à ses juges, d’autres acteurs clés manquaient à l’appel. L’auditeur général de la Haute Cour militaire a formellement requis le jugement par défaut , c’est-à-dire par contumace de plusieurs prévenus déclarés en fuite.
Parmi ces fugitifs, le nom du général d’armée John Numbi résonne avec force. Ancien inspecteur général des FARDC et chef de la police sous le régime précédent, l’homme est en exil à l’étranger depuis plusieurs années. Le réquisitoire vise également d’autres figures en cavale, à l’instar de Pascal Nyembo et de John Chinyabuuma Kamukinde.
Les principaux enjeux du dossier :
– Des incriminations graves : Les prévenus sont poursuivis pour de lourds chefs d’accusation incluant la trahison, le complot militaire et l’atteinte à la sûreté de l’État,
– Un test pour la justice : Ce procès retentissant mettra à l’épreuve l’indépendance de la Haute Cour militaire face à des dossiers aux implications politiques et sécuritaires hautement sensibles,
– Un signal fort : La comparution d’un ex-CEMA (Chef d’État-Major Général) démontre une volonté de la justice militaire de ne reculer devant aucun grade.
L’affaire renvoyée au 25 juin,
Après avoir rempli les conditions de forme, identifié l’ensemble des parties et acté les demandes de l’accusation concernant les absents, la Haute Cour militaire a décidé de prononcer le renvoi de l’affaire. La prochaine audience publique a été fixée au jeudi 25 juin 2026.
Ce délai de trois semaines doit permettre au collectif de la défense de prendre pleinement connaissance de l’intégralité des pièces du dossier et de préparer la riposte juridique. Les observateurs s’accordent à dire que les débats sur le fond, qui débuteront fin juin, s’annoncent comme l’un des moments juridiques les plus déterminants de l’histoire moderne de la République démocratique du Congo.
Panzifm.info
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